Arles face au grand froid : mobilisation renforcée du CCAS et des associations

 

Hier, en milieu d’après-midi, l’accueil de jour du CCAS d’Arles baignait dans un calme presque trompeur. Le contraste est saisissant avec l’effervescence matinale : 53 personnes y ont trouvé un refuge pour se réchauffer, partager un petit-déjeuner, échanger quelques mots ou simplement souffler après une nuit difficile passée dehors ou dans des conditions précaires.

Depuis dimanche, Météo France a placé les Bouches-du-Rhône en vigilance jaune « grand froid ». À Arles, cette alerte a déclenché le plan grand froid. Dès dimanche, l’accueil de jour a été ouvert exceptionnellement : 15 personnes y ont été accueillies le matin et 17 l’après-midi.
« Chaque année, des agents du CCAS se portent volontaires pour venir prêter main-forte », souligne Erick Souque, adjoint au maire délégué notamment à l’action sociale.

Pendant toute la durée de l’alerte, les horaires sont élargis de 8h à 17h30 (contre 8h à 16h30 habituellement), un dispositif maintenu jusqu’au jeudi 8 janvier inclus, afin d’offrir un refuge plus long face à des températures éprouvantes.
« À l’instant T, nous suivons une quarantaine de personnes en situation complexe, et entre 15 et 20 vivent dans la rue », explique Corentin Imbert-Preignac, directeur du CCAS d’Arles. Si toutes les personnes accueillies ne dorment pas dehors, toutes partagent une même fragilité.


CCAS et associations : une mobilisation renforcée

Sur le terrain, la réalité évolue et tend à s’aggraver. « Le nombre de personnes qui dorment à la rue augmente », constate Chantal Desort, responsable de la maraude du Secours populaire. « Cette année, nous avons pu distribuer suffisamment de couvertures… mais nous arrivons bientôt à court. »
Contrairement aux idées reçues, très peu de personnes vivent dans la rue par choix. « Beaucoup se retrouvent dehors après un divorce, une perte d’emploi, un accident de parcours », témoigne le bénévole Armand Tolleron.

Quand l’accueil de jour ferme à 17h30, les maraudes prennent le relais :

  • le Secours populaire, tous les soirs ;

  • le Secours catholique, avec un petit-déjeuner le dimanche matin ;

  • La Belle Étoile, le vendredi soir ;

  • et le lundi soir, une maraude du Caarud, avec une infirmière spécialisée en addictologie et un éducateur.

La question de l’hébergement nocturne demeure centrale. Le 115, via le SIAO 13, est très sollicité en période de froid et ne peut pas toujours proposer de solutions locales. Des nuits d’hôtel sont alors envisagées, grâce à un partenariat permettant de mobiliser environ quarante chambres.
Mais ces solutions ne sont pas systématiquement acceptées (bagages encombrants, présence d’un chien…). Dimanche soir, aucune place n’a été utilisée, malgré les propositions. « Qu’il s’agisse d’un week-end, d’un plan grand froid ou non, les équipes du CCAS restent mobilisées », insiste Erick Souque, alors que cinq demandes ont été formulées hier soir.

Au-delà des dispositifs institutionnels, l’action sociale se poursuit sur le terrain, portée par l’engagement quotidien des associations. Maraudes, distributions, écoute et orientation : une vigilance discrète mais essentielle pour que l’hiver ne devienne pas une épreuve insurmontable pour celles et ceux qui vivent à la marge.

 

 


Source: La Provence Arles

Entrée de l’accueil de jour du CCAS d’Arles, ouvert pour accueillir les personnes en difficulté durant l’épisode de grand froid.
Accueil de jour du CCAS d’Arles : un lieu de répit et de chaleur pour les personnes en situation de précarité, mobilisé en période de grand froid.